Dans le cadre de son appartenance à la FFDys, DFD tient à vous faire une présentation des différents troubles des apprentissages qui peuvent se trouver associés à la dyspraxie.
« Dys », que signifie ce préfixe emprunté au Grec ?
Dysfonctionnement, mauvais, malformation, trouble, etc.. Les définitions fleurissent de mots qui reflètent bien les difficultés rencontrées en classe par les élèves affublés du préfixe… et du trouble spécifique qui l’accompagne (c’est en général la scolarité qui est révélatrice du trouble).
La Dyslexie, Dyspraxie, Dysphasie et les Troubles de l’Attention avec ou sans Hyperactivité ( TDAH), sont des troubles neurologiques spécifiques encore mal compris et peu reconnus, parce qu’invisibles.
Mais être « dys », qu’est ce que c’est ?
Dyslexie :
Trouble durable de l’acquisition et de l’utilisation du langage écrit.
Dysorthographie, confusion des sons.
Dysgraphie fréquente
Mauvais, voire non lecteur
Réalisations écrites inférieures à l’âge et aux compétences de l’enfant
Troubles neurovisuels parfois associés
Dyspraxie :
Troubles de la coordination et de l’automatisation du geste volontaire (Entrainant problèmes praxiques et de motricité fine)
Discordance entre l’acte voulu et l’acte réalisé
Dysgraphie sévère, ou grande lenteur
Troubles neurovisuels fréquents ( stratégie visuelle défaillante, ou interprétation du regard déficiente)
Dysphasie :
Troubles durable de l’acquisition et de l’utilisation du langage oral
Langage tardif, compréhension partielle du sens
Troubles ou absence de syntaxe, intégration du concept difficile
Pas de référentiel inné.
TDAH :
Trouble du déficit attentionnel avec ou sans hyperactivité
Déficit attentionnel ou
Impulsivité, Hyperactivité
Ces troubles sont rarement isolés et plusieurs s’associent souvent chez un même sujet. 8 à 10 % des personnes seraient touchées par un trouble dys. Ces estimations sont soupçonnées d’être inférieures à la réalité, les repérages et diagnostics relevant encore d’un parcours du combattant.
Docteur Féraud Serres, vous êtes spécialisée en médecine fonctionnelle, et vous recevez beaucoup d’enfants souffrant de dyspraxie ; souvent, un trouble important de l’attention l’accompagne, nous nous interrogeons sur les raisons possibles qui expliqueraient cette fréquente co-morbidité et sur les attentions particulières à apporter à ces enfants. Nous vous remercions de votre éclairage concernant ces questions et sur d’autres plus générales.
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Question : En classe comment expliquer les difficultés des dyspraxiques, qu’elles soient accompagnées de troubles attentionnels ou non ?
Le message très important à faire passer aux enseignants c’est : Dyspraxiques d’accord, mais tous différents.
Trop de maladresses sont encore dites, peut-être par méconnaissance, mais c’est douloureux pour l’enfant et les Parents.
On peut être dyspraxique et bon en sport…
On peut être dysgraphique et pas dyspraxique…
On peut écrire soigneusement et être dyspraxique…
On peut bien écrire et être dysgraphique... (par exemple si en secondaire on a une vitesse d’écriture de CE1, ce que je rencontre parfois !)
Autre message à faire passer : Pour l’adolescent très intelligent en souffrance qui n’aurait pas été diagnostiqué avant, c’est beaucoup plus difficile de révéler la dyspraxie. Même si on en retrouve des stigmates, elle est cachée par les compensations et des stratégies d’évitement, mises en place pendant des années.
La dyspraxie est un trouble neurologique (ce n’est pas une maladie) qui affecte la planification et l’automatisation des gestes, (ce qui provoque un handicap) et qui touche au moins 3% des enfants scolarisés.
La dyspraxie fait partie des troubles DYS tels que la dysphasie (trouble du langage oral), le TDA/H (trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité), la dyslexie (trouble du langage écrit), la dyscalculie (trouble du calcul), la dysorthographie (trouble de l’orthographe), la dysgraphie (trouble de l’écriture).
Ces troubles peuvent être associés chez la même personne de façon plus ou moins importantes et sont de gravité variable.
La dyspraxie est un trouble durable.
L’enfant progresse dans les apprentissages avec plus de difficulté et parfois plus lentement que les autres enfants de son âge.
- La dyspraxie constructive : Difficultés à assembler (legos, cubes, bricolage, puzzles…)
- La dyspraxie visuo-spatiale (trouble dans l'organisation du geste + trouble du regard) : Difficultés à descendre des escaliers, se repérer dans un lieu, dans un texte, sur une feuille, sur un plan...
- La dyspraxie idéatoire : Difficultés à utiliser et manipuler des objets et des outils (stylo, compas, couteau,...).
- La dyspraxie idéomotrice : Difficultés à mimer, imiter des gestes.
- La dyspraxie de l'habillage : Difficultés à s’habiller à l’endroit, boutonner, lacer...
- La dyspraxie oro-faciale : Difficultés à articuler, parler, siffler, souffler les bougies, déglutir…
Il est fréquent de cumuler plusieurs dyspraxies. Il est nécessaire de faire pratiquer des bilans
précis afin de poser un diagnostic fiable avant d’entreprendre des rééducations appropriées.
Chez le nourrisson, la motricité globale reste acquise de manière globale dans des délais normaux. Par la suite lors de la petite enfance, l’enfant dyspraxique présentera des difficultés dans les manipulations faisant appel au visuomanuel (cubes, encastrements, mais également habillage). Il y aura aussi le plus souvent une instabilité posturale avec parfois des mouvements stéréotypés et une difficulté pour fixer un objectif du regard.




