Les rééducations

Le secteur libéral

L’ergothérapie

L’ergothérapeute est un professionnel de la santé qui intervient auprès des dyspraxiques mais pas seulement.
Il  intervient  surtout  dans  les  processus  de réadaptation, d’adaptation et d’intégration sociale des personnes aux prises avec des problèmes de fonctionnement dans leur quotidien.

A l’aide d’outils spécifiques (bilans divers, mesures d’activités..), il participe à la connaissance précise des difficultés et des capacités du sujet dans les activités

Il intervient par des prises en charge individuelles :

  • sur prescription médicale, après un bilan (s).
  • en lien avec la famille, l’école, le collège et autres (centre d’apprentissage, sport…)
  • pour des projets définis

Ergothérapie : quand ?

  • En phase de bilan : participe à l’élaboration du diagnostic (troubles praxiques)

Prises en charges individuellesClavier masqué

  • selon le contexte : 1 à 2 séances hebdomadaires.
  • pour les enfants scolarisés, séances possibles à l’école pendant le temps scolaire (accord de l’Éducation Nationale).

Pour des objectifs ciblés

  • mais attention : évolution avec les progrès (ou non) donc il faut revoir régulièrement les projets
  • les troubles « dys » sont des troubles permanents dont les conséquences évoluent au fil du temps (contexte, âge…) donc il peut y avoir de nouvelles prises en charge après interruptions…

Il est important de se poser plusieurs questions pour que la prise en charge en ergothérapie soit la plus efficiente possible : Pour quoi ? Quand ? Comment ? Jusqu’où ? Jusqu’à quand (combien de temps) ? Il faut donc revoir régulièrement le projet de prise en charge afin de le rendre efficace.

Ergothérapie : dans quel cadre ?

  • Avec un ergothérapeute salarié dans le cadre des structures : centre référent, de rééducation, service de soins…
  • Avec un ergothérapeute libéral mais :

– pas de remboursement sécurité sociale

donc :

– demande de financement MDPH

– participation possible des mutuelles…

Quels “outils” ?

Lignes de couleur

Lignes de couleur

  • éducation thérapeutique des gestes (apprentissage spécifique)
  • réadaptation
  • contournement des difficultés en proposant d’autres moyens pour aboutir à une réalisation donnée (aides techniques..)

Article tiré d’une présentation de Michèle Cerisier-Pouhet, Ergothérapeute

L’orthophonie

Concernant la rééducation orthophonique, il n’y a pas de modèle spécifique à suivre dans la prise en charge des patients dyspraxiques, ce qui importe est de garder à l’esprit les difficultés qui découlent du trouble praxique afin de pouvoir adapter la technique de rééducation « adéquate ». En effet, les dyspraxies résultent de la non-acquisition de programmes automatisés de gestion de certains gestes et ce, en dépit d’un entraînement habituel, il est donc inutile d’entraîner l’enfant par des méthodes « habituelles ».

Il s’agit plutôt de s’appuyer sur les capacités verbales, mnésiques, de raisonnement et de conceptualisation de l’enfant, en privilégiant le support verbal (description, verbalisation.)

La psychomotricité

Le psychomotricien est un professionnel de santé au même titre que les kinésithérapeutes, les orthophonistes et les ergothérapeutes. Il exerce sa profession auprès d’enfants et d’adultes qui présentent des difficultés d’adaptation au monde à cause d’un intégration perceptivo-motrice perturbée. La cause du déficit peut être un trouble psychomoteur à proprement parler mais aussi un tableau plus large où la difficulté perceptivo-motrice n’est alors qu’une partie de la désadaptation.
Cette définition donne à la profession un champ d’action, du point de vue des lieux d’intervention, très large. Le psychomotricien s’adresse donc à une population de différents âges au cours de la vie pour des actions de dépistage, de diagnostic, de prévention, d’accompagnement et de rééducation.
Très au fait du développement de l’enfant et des troubles neuro-moteurs, le psychomotricien tente d’apporter, par des mises en situation et des apprentissages spécifiques, une réduction du déficit ou une disparition même du trouble neuro-développemental visé. A défaut il aide à la compensation et à l’intégration du sujet en prenant en compte ses déficits.
Si le cadre d’intervention est toujours le même : évaluation, diagnostic, construction d’un projet, réévaluation du travail effectué, les méthodes de thérapie sont, elles, riches et multiples. Elles empruntent à la recherche fondamentale comme à la recherche appliquée toute avancée qui pourrait aider le patient.
La rééducation ou thérapie psychomotrice est un des moyens qui permettent de restaurer l’adaptation de l’individu au milieu par le biais d’apprentissages psycho-perceptivo-moteurs. Elle s’adresse, pour l’essentiel, aux troubles psychomoteurs. Elle étudie à la fois les mécanismes perceptifs, c’est-à-dire comment et avec quelle efficacité le sujet extrait du milieu les informations pertinentes pour la réalisation de son projet moteur et, par ailleurs, le comportement moteur lui-même et ses caractéristiques.

Définition tirée du site de l’Institut de Formation en Psychomotricité de Toulouse
avec l’aimable autorisation de M. Jean-Michel Albaret, directeur de l’IFP

L’orthoptie

L’orthoptie c’est le dépistage, la rééducation, la réadaptation et l’exploration fonctionnelle des troubles de la vision.

Les dyspraxies constructives concernent les activités où domine la nécessité d’assemblage de divers éléments. Ces activités sont d’une grande fréquence dans la vie quotidienne, ce qui explique leur importance à l’école, et la place centrale des jeux de construction dans l’éducation des petits.

La rééducation orthoptique des enfants dyspraxiques n’est pas une rééducation isolée.
Elle entre dans le cadre de la rééducation des troubles de la vision, à laquelle on apportera toutefois la spécificité qui s’impose pour répondre à la fois aux doléances des parents, ainsi qu’aux difficultés de l’enfant.

Mais pour parler de rééducation, précisons ce qui se fait dans le bilan.

Tout d’abord importance de l’interrogatoire, pour connaître les signes fonctionnels de l’enfant, ainsi que ses difficultés; ce qui déterminera dans un deuxième temps le choix des tests à utiliser. (Ce bilan n’est pas exhaustif, il donne un aperçu de la trame)

Il s’articule selon trois étapes: bilan sensoriel, moteur, fonctionnel.

  • Bilan sensoriel :

– mesure de l’acuité visuelle, qui se fait de loin, de près, les deux ouverts, puis chaque œil fixant.
– étude de la vision stéréoscopique (du relief)

  • Bilan moteur :

– recherche de l’œil directeur
– étude de la motilité oculaire
– étude de la motricité conjuguée: fixation, poursuite, saccades, vergences
– étude de la coordination œil-main
– étude de la coordination œil-tête

  • Bilan fonctionnel:

– visuo-communication (émission/réception) : on vérifie que les yeux jouent leur rôle de guides dans l’organisation du geste.
– saisie de l’information : qu’en est-il de la perception visuelle ?
– organisation du geste (relations vision-praxie) : localisation visuelle ; coordination perceptivo-motrice ; praxies.

Conclusion du bilan :

Elle permet de pointer les difficultés, d’expliquer les choses aux parents et à l’enfant, de le déculpabiliser (trop souvent peur de l’échec).

Selon les résultats du bilan, on pourra donc être amené à rééduquer.

La rééducation permet la mise en place de stratégies du regard basées sur l’exploration ou balayage visuel, la localisation, le repérage, la discrimination, l’orientation spatiale, la constance perceptive, l’anticipation, l’identification, la description, l’appariemment, le classement, la mémoire immédiate, le raisonnement logique, etc…

Pour se faire, on rééduque la vision binoculaire pour améliorer l’amplitude de fusion, en travaillant la motricité conjuguée : fixation, poursuite, saccades, vergences ; la coordination oculo-manuelle ; la coordination œil-tête : mouvements oculo-céphaliques et vestibulo-oculaires.
On pourra exercer l’enfant, selon l’intêret, sur la lecture de mots courts ou longs, en colonnes, en lignes, ou même en obliques, pour améliorer l’empan visuel.
Dans le travail du graphisme, on introduira la notion de forme, de taille, d’orientation (symétrie, translation, haut, bas, droite, gauche, espace à 2 puis 3 dimensions).

Cependant, reste évidemment le problème des enfants chez lesquels l’amélioration du regard n’a aucune influence sur leur dyspraxie.
De plus, la clinique montre qu’il n’y a pas de parallèle entre l’intensité des troubles du regard et celle de la dyspraxie.

En conclusion :

Il faut considérer l’ensemble des prises en charge de l’enfant, pour moduler le rythme des séances, et leur durée.
Ne pas surcharger l’enfant.
Les séances doivent être variées et inventives pour donner envie de venir, de travailler encore.
Motiver l’enfant dans ses succès, expliquer pourquoi la rééducation va l’aider dans ses actes quotidiens.
Ne pas hésiter à entrer en contact avec les différents intervenants pour se coordonner.

Avec l’aimable autorisation d’Alexandra BOLUFER, orthoptiste à Marseille

Le secteur Médico-social

L’intérêt d’une prise en charge en SESSAD

Un SESSAD permet aux parents de ne pas coordonner eux-mêmes les rééducations (gain de temps et d’argent). Par contre, DFD insiste sur le fait que les parents doivent être présents aux synthèses des professionnels (au moins une partie), et associés aux préconisations tout au long de l’année.