Le Trouble du Développement de la Coordination (TDC) ou dyspraxies
TDC / Les dyspraxies
Les autres troubles dys
Du repérage au diagnostic
Les rééducations
Dyspraxies et répercussions psychologiques

Sommaire

TDC / Les dyspraxies

Définitions

Qu’est-ce que la dyspraxie ?

Le mot dyspraxie vient du grec :

Dys = « difficulté, mauvais fonctionnement » – Praxis = « action ». Une praxie est la coordination de l’activité gestuelle.

Aujourd’hui, la dénomination internationale est le “Trouble du Développement de la Coordination” (TDC). Selon l’expertise INSERM (2019), les deux termes peuvent être utilisés de façon équivalente.

Selon le docteur Michèle Mazeau, un geste est un ensemble de mouvements coordonnés dans le temps et l’espace en vue de la réalisation d’une action volontaire, finalisée.  Le docteur Michèle Mazeau définit les dyspraxies comme étant des « anomalies de constitution des gestes et de l’organisation visuo-spatiale », le docteur Alain Pouhet définit les dyspraxies comme étant « une pathologie de la conception et/ou de la planification–programmation donc de la réalisation des gestes appris ».

A la naissance, le cerveau de l’enfant est doté d’une « boite à outils » qui lui permettra de coordonner et planifier/programmer des gestes volontaires après une période d’apprentissage. Ces gestes finiront par être automatisés.

Le fait d’automatiser un geste va permettre de faire une autre action simultanément : c’est ce que l’on appelle la double-tâche (ex : écouter et écrire). Pour ce faire, l’enfant ou l’adulte va s’appuyer sur un certain nombre de repères visuo-spatiaux (repères dans l’espace, situer les éléments les uns par rapport aux autres).

C’est cette « panne » précise dans la « boite à outils », ce dysfonctionnement dans l’apprentissage de ces gestes volontaires, après une période normale de tentatives et d’essais, qui permettra de parler de dyspraxie (après le passage de bilans pluridisciplinaires). La dyspraxie est par conséquent un trouble cognitif spécifique.

Comme les autres troubles DYS, la dyspraxie ne remet absolument pas en question l’intelligence de la personne ! Parfois bien au contraire, elle peut être associée à une précocité intellectuelle.

L’enfant dyspraxique va progresser dans l’apprentissage de certains gestes mais d’autres resteront difficiles voire impossibles à réaliser. Nombre d’enfants et d’adultes dyspraxiques ont une stratégie visuelle défaillante (mauvaises saccades oculaires), ou une interprétation du regard déficiente (agnosie des images qui fait que l’image « vue » n’est pas la « vraie »).

Certains seront touchés plus particulièrement dans le geste articulatoire (voire une déglutition difficile) ce qui rendra difficile une expression orale distincte.

Chaque enfant dyspraxique étant différent, les apprentissages ne se feront pas à la même vitesse, et si certains enfants parviendront à automatiser certains gestes, d’autres n’y parviendront jamais.

A des degrés plus ou moins sévères, la dyspraxie est un trouble durable et persistant avec des répercussions dans la vie quotidienne, à l’école, dans l’accès à la vie sociale, les loisirs, et l’emploi.

En fonction de ces répercussions, la dyspraxie crée alors une situation de handicap nécessitant des adaptations et/ou compensations.

Elle entraîne alors une grande fatigue et souvent une grande lenteur dont il faut tenir compte au quotidien et dans les différents apprentissages tout au long de la vie.

Elle entraîne souvent également une mésestime de soi car le résultat ne sera pas forcément à la hauteur de l’effort consenti (discordance entre l’acte voulu et l’acte réalisé) et l’enfant ou l’adulte concerné, en sera pleinement conscient (« je suis nul… », « c’est moche… »).

En tout état de cause, il conviendra finalement de s’appuyer sur les points forts de l’enfant ou du jeune pour l’aider à progresser et à trouver sa voie.

Les causes

Les causes ne sont pas clairement identifiées et seraient diverses.

La cause génétique est certainement une réalité puisque dans de nombreuses familles, on retrouve plusieurs cas de Dys (dyspraxie, dysphasie, dyslexie…).

Le docteur Michèle Mazeau met en évidence le faible poids de naissance (associé ou pas à une grande prématurité) pour expliquer certaines origines des troubles.

Des enfants qui ont souffert d’anoxie à la naissance peuvent également présenter des troubles des apprentissages comme la dyspraxie.

Les recommandations INSERM


De fin 2016 à fin 2019, des experts ont été réunis par l’INSERM afin d’établir des recommandations. DFD a été auditionnée à cette occasion.

Consultez les recommandations sur le site de l’INSERM.

Les recherches

Les recherches sur la dyspraxie sont encore peu nombreuses comparées à d’autres troubles tels que l’autisme ou la dyslexie. L’équipe du docteur Caroline Huron mène des travaux sur la dyspraxie.  L’INSERM a consacré plusieurs sessions au fonctionnement du cerveau, formations destinées aux  bénévoles des associations.

DFD met en relation des étudiants-chercheurs et les familles sur un certain nombre de sujets. Ces travaux contribuent à une meilleure connaissance de la dyspraxie.

Les chiffres

Il n’existe pas d’étude épidémiologique précise mais il semblerait que 3 à 5 % d’une classe d’âge soit touchée. La Haute Autorité de Santé évoquait 5 à 7 % d’enfants d’une classe d’âge de 6 à 11 ans. Le flou des chiffres s’explique par plusieurs facteurs (difficultés de diagnostic, appellation différente selon les médecins, degré d’atteinte qui ne permettent pas forcément de parler de dyspraxie en tant que telle).

des étudiants-chercheurs et les familles sur un certain nombre de sujets. Ces travaux contribuent à une meilleure connaissance de la dyspraxie.

Les différents types de dyspraxie

Les dyspraxies ont été classées en différentes catégories par des médecins, notamment le docteur Michèle Mazeau. Tous les spécialistes ne les reconnaissent pas ainsi en tant que telles, mais ces classifications décrivent les différentes difficultés rencontrées, à savoir :

La dyspraxie constructive

Difficultés à assembler (legos, cubes, bricolage, puzzles…).

La dyspraxie visuo-spatiale

trouble dans l’organisation du geste + trouble du regard, gestes occulo-moteurs) : Difficultés à voir le relief (descendre des escaliers…), se repérer dans un lieu, dans un texte, sur une feuille, sur un plan…

La dyspraxie idéatoire

Difficultés à utiliser et manipuler des objets et des outils (stylo, compas, couteau,…).

La dyspraxie idéomotrice

Difficultés à mimer, imiter des gestes.

La dyspraxie de l’habillage

Difficultés à s’habiller, boutonner, lacer…

La dyspraxie oro-faciale (gestes bucco-phonatoires)

Difficultés à articuler, parler, siffler, souffler les bougies, déglutir… A ne pas confondre avec la dysphasie (trouble du langage oral).

Il est fréquent de cumuler plusieurs dyspraxies. Il est nécessaire de faire pratiquer des bilans précis afin de poser un diagnostic fiable avant d’entreprendre des rééducations appropriées.

Les autres troubles dys

Les dyspraxies sont souvent associées à d’autres troubles dys.

Ainsi, on appelle troubles dys :

  • les troubles du développement de la coordination – dyspraxies
  • les troubles du développement du langage oral – dysphasies
  • les troubles spécifiques des apprentissages scolaires – dyslexie, dysorthographie, dyscalculie …

On ajoutera le TDAH qui, sans être un trouble dys, est souvent associé aux dyspraxies

Ces troubles sont rarement isolés et plusieurs s’associent souvent chez un même sujet. 8 à 10 % des personnes seraient touchées par un trouble Dys. Ces estimations sont soupçonnées d’être inférieures à la réalité, les repérages et diagnostics relevant encore d’un parcours du combattant.

Histoire de comprendre les dys

Dyslexie

Trouble durable de l’acquisition et de l’utilisation du langage écrit. Dysorthographie, confusion des sons. Dysgraphie fréquente. Mauvais, voire non lecteur. Réalisations écrites inférieures à l’âge et aux compétences de l’enfant. Troubles neurovisuels parfois associés (plus d’informations sur le site d’Apeda).

Dysphasie

La dysphasie peut se présenter sous des formes diverses : paroles indistinctes, troubles de la syntaxe, expressions par mots isolés, discours plus ou moins construit, manque du mot, compréhension partielle du langage oral…

Les difficultés observées portent sur des aspects complexes : soit de la réception c’est-à-dire de la compréhension du langage, soit de la programmation des sons de la langue puis de leur production, soit sur la disponibilité des mots ou encore sur leur agencement syntaxique au sein de la phrase. Ces domaines du langage peuvent être déficitaires ou préservés indépendamment les uns des autres. C’est pourquoi les enfants doivent faire l’objet d’un diagnostic précis permettant de poser les indications thérapeutiques (plus d’informations sur www.dysphasie.org).

Dyscalculie

Les activités de comptage et de dénombrement peuvent se révéler très complexes car ces tâches requièrent la coordination du geste de pointage (manuel ou oculaire) avec chaque élément de la série, sachant qu’aucun élément de la série ne doit être oublié ou compté une fois de trop.
L’enfant constate que le résultat du comptage est aussi imprévisible que fluctuant, et qu’il peut trouver plusieurs résultats pour une même collection. Le nombre est donc approché d’une manière anarchique et déstructurante par l’enfant.
En outre, l’acquisition des principes de la numération écrite va poser problème avec l’écriture des nombres car cette activité requiert des compétences spatiales : l’enfant doit repérer quel est l’emplacement de chaque chiffre dans le nombre pour pouvoir l’écrire. Ainsi, par exemple, certaines inversions sont possibles comme 12 retranscrit « 21». Il en va de même avec les symboles mathématiques car certains enfants ne distingueront pas × et + ; < et > ; etc…

TDAH (Trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité)

Même si le TDAH n’est pas à proprement parler un trouble DYS, il est souvent associé avec les troubles DYS.

Les enfants présentant un TDAH avec hyperactivité sont des enfants agités autant à l’école qu’au domicile, ils sont souvent bruyants, tripotent des objets, sont incapables d’attendre leur tour, oublient et perdent leurs affaires… Ceux qui souffrent d’un TDAH sans hyperactivité passeront souvent inaperçus, mais totalement « débranchés » ils auront beaucoup de mal à entrer dans les apprentissages sans être rappelés à la tâche régulièrement (plus d’informations sur www.tdah-france.fr).

Du repérage au diagnostic

Le repérage

Le rôle des parents

Les parents sont en première ligne pour découvrir ce qui dysfonctionne, ce qui n’est pas toujours évident surtout lorsque la fratrie ainée s’est développée sans difficultés apparentes.

Lorsqu’un retard important et/ou une grande maladresse sont constatés au-delà de l’âge normal (habillage, repas, difficultés dans les jeux de construction, puzzle, dessins, …), il faut alerter le médecin de famille (ou le pédiatre).

Lorsque l’enfant est en grande difficulté dès la moyenne section de l’école maternelle (ne parvient pas à dessiner, coller, découper, écrire son prénom, copier, mimer), ne pas hésiter à en parler avec l’enseignant et le médecin scolaire (en plus du médecin  de famille ou du pédiatre).

Le rôle des enseignants

Au-delà des signes repérables dès la maternelle, il est à noter que la dysgraphie est presque toujours présente en cas de dyspraxie (et persistera malgré les progrès). Un graphisme très déficitaire ou très lent est un signe évocateur d’une éventuelle dyspraxie, mais ne reste qu’un signe d’alerte. En effet, « être dysgraphique » ne signifie pas forcément « être dyspraxique ».

Les enseignants sont aptes à repérer des difficultés et retards importants (dès la moyenne ou grande section de maternelle). Ils doivent alerter les parents et le médecin scolaire lorsque c’est le cas.

Le dépistage

Le rôle du médecin scolaire

Il doit alerter les parents et les inciter à faire pratiquer des bilans en fonctions des informations récoltées (par lui-même, les parents et les enseignants).

Le rôle du pédiatre et du médecin généraliste

En fonction des tests obligatoires figurant sur le carnet de santé, et/ou des signes d’alertes donnés par les parents, ils doivent alerter les parents et les inciter à faire pratiquer des bilans en fonctions des informations récoltées (par lui-même, les parents et les enseignants).

Les bilans pluridisciplinaires, préalable obligatoire à la pose du diagnostic

C’est aux parents de prendre les rendez-vous (s’adresser aux relais locaux DFD sur le territoire pour connaitre les professionnels en exercice). Les délais d’attente sont parfois très longs (plusieurs mois, voire un an).

DFD souhaite alerter les parents sur l’importance des bilans pluridisciplinaires et sur le fait de ne pas s’arrêter au bilan d’un seul professionnel. C’est, en effet, la synthèse de ces bilans qui permettra de diagnostiquer une dyspraxie et d’éliminer d’autres défaillances ou handicaps suspectés comme une déficience intellectuelle, un trouble autistique, etc.

Ces bilans pluridisciplinaires mettront éventuellement, en évidence d’autres troubles des apprentissages associés (ou au contraire permettront de diagnostiquer ces autres troubles sans évoquer la dyspraxie) : langage oral (dysphasie), langage écrit (dyslexie), troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité, troubles exécutifs.

Il est à noter que nombre d’enfants ou adultes intellectuellement précoces sont également dyspraxiques ou ont des troubles praxiques.

Il est également possible que des troubles praxiques soient identifiés, sans pour autant parler clairement de dyspraxie (ces troubles praxiques seront alors mineurs ou peu importants, et ne seront pas forcément à traiter en priorité, mais ne seront pas à négliger pour autant).

C’est pourquoi, il est important d’effectuer des bilans pluridisciplinaires de qualité, idéalement pendant le développement de l’enfant. Il sera souvent nécessaire d’effectuer des bilans quelques années après la pose du premier diagnostic afin de réévaluer les besoins (et par conséquent réorienter en fonction, les rééducations et adaptations), et affiner éventuellement le diagnostic.

En neuropsychologie

Bien qu’il ne soit pas pris en charge par la sécurité sociale (sauf en centres hospitaliers/centres référents) le bilan neuropsychologique est indispensable pour poser (ou pas) un diagnostic de dyspraxie. Les docteurs Michèle Mazeau et le docteur Alain Pouhet expliquent parfaitement l’enjeu du bilan neuropsychologique.

En ergothérapie

Le bilan en ergothérapie permet de recueillir des  informations dans les domaines de la vie quotidienne, de l’école (gênes scolaires, cahiers, appréciations), des loisirs.

Il teste les fonctions non-verbales : Attention, latéralisation, aspect visuo-spatial et visuo-perceptif, gnosies (trouble de la reconnaissance, couleurs, objets…), orientation temporo-spatiale, praxies, graphisme.

Il mesure l’aspect qualitatif et quantitatif des tests : le résultat final, la manière de faire, le comportement, la fatigue.

Le bilan en ergothérapie n’est pas pris en charge par la Sécurité Sociale. Les tarifs sont différents d’un professionnel à l’autre.

En orthophonie

Le bilan orthophonique concerne l’évaluation du langage oral, du langage écrit, et du raisonnement logico-mathématique car ces enfants en raison de leurs difficultés présentent fréquemment des troubles dys associés.
Les épreuves administrées pour tester ces domaines doivent être étalonnées scientifiquement et surtout tenir compte du facteur temps. Le bilan orthophonique est conventionné par la sécurité sociale et se pratique sur prescription médicale.

En psychomotricité

Le bilan psychomoteur permet de mettre en évidence les qualités d’un enfant dans l’appréhension de son corps et de mesurer les discordances de certains savoir-faire corporels. Les tests sont basés sur le schéma corporel, la coordination, l’équilibre, l’habileté motrice, la motricité fine, l’organisation spatiale, le graphisme.

Le bilan en psychomotricité n’est pas pris en charge par la Sécurité Sociale. Les tarifs sont très différents d’un professionnel à l’autre.

En orthoptie

Le bilan orthoptique se déroule  autour de trois recherches (acuité-relief, coordination-motricité, saisie de l’information-organisation du geste). Il permet de définir l’intérêt ou pas d’une rééducation éventuelle.  Un bilan orthoptique se pratique sur prescription. Il est remboursé par la sécurité sociale.

Le diagnostic

A quel moment parle-t-on de « dyspraxie » ?

On parlera de diagnostic de « dyspraxie » lors de la synthèse des bilans et lorsque ces derniers révèlent des « écarts-type » par rapport à la norme.

Par qui doit-être posé le diagnostic ?

En fonction de la complexité du trouble et de la situation de l’enfant, 3 niveaux de diagnostic sont mobilisables, dans l’ordre croissant de priorité. Dans l’idéal, c’est un médecin qui pose le diagnostic (médecin généraliste, pédiatre, neuro-pédiatre, neurologue, médecin rééducateur).

Niveau 1 : les professionnels libéraux

Le médecin fait la synthèse des bilans pluridisciplinaires effectués par les professionnels en libéral. Cependant, en pratique, ce sont souvent les professionnels qui posent le diagnostic, faute de médecins disponibles et/ou formés.

Si besoin, Niveau 2 : le secteur médico-social.

Les SESSAD (Services de Soins et d’Education Spécialisée à Domicile) sont constitués de professionnels pluridisciplinaires et d’un médecin (pédiatre, médecin rééducateur) qui pourront affiner le diagnostic et envisager les rééducations dans un contexte coordonné. Une notification de la MDPH est nécessaire pour accéder à un SESSAD.

Si besoin, Niveau 3 : les Centres Référents des Troubles du Langage et des Apprentissages

Ils sont prioritairement destinés aux cas les plus complexes et théoriquement ont une mission d’appui et de formation auprès des acteurs de terrain (professionnels, Education nationale). Ils sont normalement constitués de professionnels de santé pluridisciplinaires (neuropsychologue, orthophoniste, psychiatre, neuro-pédiatre…). Pour obtenir un rendez-vous, il faut déjà avoir effectué un certain nombre de bilans en libéral ou en SESSAD, et les listes d’attentes peuvent atteindre plusieurs mois, et jusqu’à deux ans parfois. Il y a au minimum un CRTLA par région. Ils sont organisés différemment d’un Centre à l’autre.

Ce que doit comprendre le diagnostic de dyspraxie

Il s’agit dans l’idéal d’une synthèse écrite des bilans qui s’appuie sur un entretien avec les parents (histoire de l’enfant). Il doit faire des préconisations écrites qui seront utiles aux enseignants et à tous les adultes accompagnant l’enfant (parents, rééducateurs…).

Les rééducations

L’ergothérapie

L’ergothérapeute est un professionnel de la santé qui intervient auprès des dyspraxiques mais pas seulement.
Il  intervient  surtout  dans  les  processus  de réadaptation, d’adaptation et d’intégration sociale des personnes aux prises avec des problèmes de fonctionnement dans leur quotidien.

A l’aide d’outils spécifiques (bilans divers, mesures d’activités..), il participe à la connaissance précise des difficultés et des capacités du sujet dans les activités

Il intervient par des prises en charge individuelles :

  • sur prescription médicale, après un bilan (s).
  • en lien avec la famille, l’école, le collège et autres (centre d’apprentissage, sport…)
  • pour des projets définis

Ergothérapie : quand ?

  • En phase de bilan : participe à l’élaboration du diagnostic (troubles praxiques)

Prises en charges individuellesClavier masqué

  • selon le contexte : 1 à 2 séances hebdomadaires.
  • pour les enfants scolarisés, séances possibles à l’école pendant le temps scolaire (accord de l’Éducation Nationale).

Pour des objectifs ciblés

  • mais attention : évolution avec les progrès (ou non) donc il faut revoir régulièrement les projets
  • les troubles « dys » sont des troubles permanents dont les conséquences évoluent au fil du temps (contexte, âge…) donc il peut y avoir de nouvelles prises en charge après interruptions…

Il est important de se poser plusieurs questions pour que la prise en charge en ergothérapie soit la plus efficiente possible : Pour quoi ? Quand ? Comment ? Jusqu’où ? Jusqu’à quand (combien de temps) ? Il faut donc revoir régulièrement le projet de prise en charge afin de le rendre efficace.

Ergothérapie : dans quel cadre ?

  • Avec un ergothérapeute salarié dans le cadre des structures : centre référent, centre de rééducation, service de soins…
  • Avec un ergothérapeute libéral mais attention : il n’y a  pas de remboursement sécurité sociale

donc :

  • demande de financement MDPH
  • participation possible des mutuelles…

Quels “outils” ?

  • Lignes de couleur éducation thérapeutique des gestes (apprentissage spécifique)
  • réadaptation
  • contournement des difficultés en proposant d’autres moyens pour aboutir à une réalisation donnée (aides techniques..)

Article tiré d’une présentation de Michèle Cerisier- Ergothérapeute

L'orthophonie

Concernant la rééducation orthophonique, il n’y a pas de modèle spécifique à suivre dans la prise en charge des patients dyspraxiques, ce qui importe est de garder à l’esprit les difficultés qui découlent du trouble praxique afin de pouvoir adapter la technique de rééducation « adéquate ». En effet, les dyspraxies résultent de la non-acquisition de programmes automatisés de gestion de certains gestes et ce, en dépit d’un entraînement habituel, il est donc inutile d’entraîner l’enfant par des méthodes « habituelles ».

Il s’agit plutôt de s’appuyer sur les capacités verbales, mnésiques, de raisonnement et de conceptualisation de l’enfant, en privilégiant le support verbal (description, verbalisation.)

La psychomotricité

Le psychomotricien est un professionnel de santé au même titre que les kinésithérapeutes, les orthophonistes et les ergothérapeutes. Il exerce sa profession auprès d’enfants et d’adultes qui présentent des difficultés d’adaptation au monde à cause d’un intégration perceptivo-motrice perturbée. La cause du déficit peut être un trouble psychomoteur à proprement parler mais aussi un tableau plus large où la difficulté perceptivo-motrice n’est alors qu’une partie de la désadaptation.
Cette définition donne à la profession un champ d’action, du point de vue des lieux d’intervention, très large. Le psychomotricien s’adresse donc à une population de différents âges au cours de la vie pour des actions de dépistage, de diagnostic, de prévention, d’accompagnement et de rééducation.
Très au fait du développement de l’enfant et des troubles neuro-moteurs, le psychomotricien tente d’apporter, par des mises en situation et des apprentissages spécifiques, une réduction du déficit ou une disparition même du trouble neuro-développemental visé. A défaut il aide à la compensation et à l’intégration du sujet en prenant en compte ses déficits.
Si le cadre d’intervention est toujours le même : évaluation, diagnostic, construction d’un projet, réévaluation du travail effectué, les méthodes de thérapie sont, elles, riches et multiples. Elles empruntent à la recherche fondamentale comme à la recherche appliquée toute avancée qui pourrait aider le patient.
La rééducation ou thérapie psychomotrice est un des moyens qui permettent de restaurer l’adaptation de l’individu au milieu par le biais d’apprentissages psycho-perceptivo-moteurs. Elle s’adresse, pour l’essentiel, aux troubles psychomoteurs. Elle étudie à la fois les mécanismes perceptifs, c’est-à-dire comment et avec quelle efficacité le sujet extrait du milieu les informations pertinentes pour la réalisation de son projet moteur et, par ailleurs, le comportement moteur lui-même et ses caractéristiques.

Définition tirée du site de l’Institut de Formation en Psychomotricité de Toulouse
avec l’aimable autorisation de M. Jean-Michel Albaret, directeur de l’IFP

L’orthoptie

L’orthoptie c’est le dépistage, la rééducation, la réadaptation et l’exploration fonctionnelle des troubles de la vision.

Les dyspraxies constructives concernent les activités où domine la nécessité d’assemblage de divers éléments. Ces activités sont d’une grande fréquence dans la vie quotidienne, ce qui explique leur importance à l’école, et la place centrale des jeux de construction dans l’éducation des petits.

La rééducation orthoptique des enfants dyspraxiques n’est pas une rééducation isolée.
Elle entre dans le cadre de la rééducation des troubles de la vision, à laquelle on apportera toutefois la spécificité qui s’impose pour répondre à la fois aux doléances des parents, ainsi qu’aux difficultés de l’enfant.

Mais pour parler de rééducation, précisons ce qui se fait dans le bilan.

Tout d’abord importance de l’interrogatoire, pour connaître les signes fonctionnels de l’enfant, ainsi que ses difficultés; ce qui déterminera dans un deuxième temps le choix des tests à utiliser. (Ce bilan n’est pas exhaustif, il donne un aperçu de la trame)

Il s’articule selon trois étapes: bilan sensoriel, moteur, fonctionnel.

Bilan sensoriel :

– mesure de l’acuité visuelle, qui se fait de loin, de près, les deux ouverts, puis chaque œil fixant.
– étude de la vision stéréoscopique (du relief)

Bilan moteur :

– recherche de l’œil directeur
– étude de la motilité oculaire
– étude de la motricité conjuguée: fixation, poursuite, saccades, vergences
– étude de la coordination œil-main
– étude de la coordination œil-tête

Bilan fonctionnel:

– visuo-communication (émission/réception) : on vérifie que les yeux jouent leur rôle de guides dans l’organisation du geste.
– saisie de l’information : qu’en est-il de la perception visuelle ?
– organisation du geste (relations vision-praxie) : localisation visuelle ; coordination perceptivo-motrice ; praxies.

Conclusion du bilan :

Elle permet de pointer les difficultés, d’expliquer les choses aux parents et à l’enfant, de le déculpabiliser (trop souvent peur de l’échec).

Selon les résultats du bilan, on pourra donc être amené à rééduquer.

La rééducation permet la mise en place de stratégies du regard basées sur l’exploration ou balayage visuel, la localisation, le repérage, la discrimination, l’orientation spatiale, la constance perceptive, l’anticipation, l’identification, la description, l’appariemment, le classement, la mémoire immédiate, le raisonnement logique, etc…

Pour se faire, on rééduque la vision binoculaire pour améliorer l’amplitude de fusion, en travaillant la motricité conjuguée : fixation, poursuite, saccades, vergences ; la coordination oculo-manuelle ; la coordination œil-tête : mouvements oculo-céphaliques et vestibulo-oculaires.
On pourra exercer l’enfant, selon l’intêret, sur la lecture de mots courts ou longs, en colonnes, en lignes, ou même en obliques, pour améliorer l’empan visuel.
Dans le travail du graphisme, on introduira la notion de forme, de taille, d’orientation (symétrie, translation, haut, bas, droite, gauche, espace à 2 puis 3 dimensions).

Cependant, reste évidemment le problème des enfants chez lesquels l’amélioration du regard n’a aucune influence sur leur dyspraxie.
De plus, la clinique montre qu’il n’y a pas de parallèle entre l’intensité des troubles du regard et celle de la dyspraxie.

En conclusion :

Il faut considérer l’ensemble des prises en charge de l’enfant, pour moduler le rythme des séances, et leur durée.
Ne pas surcharger l’enfant.
Les séances doivent être variées et inventives pour donner envie de venir, de travailler encore.
Motiver l’enfant dans ses succès, expliquer pourquoi la rééducation va l’aider dans ses actes quotidiens.
Ne pas hésiter à entrer en contact avec les différents intervenants pour se coordonner.

Avec l’aimable autorisation d’Alexandra BOLUFER, orthoptiste à Marseille

Le secteur Médico-social

L’intérêt d’une prise en charge en SESSAD ?

Un SESSAD permet aux parents de ne pas coordonner eux-mêmes les rééducations (gain de temps et d’argent). Par contre, DFD insiste sur le fait que les parents doivent être présents aux synthèses des professionnels (au moins une partie), et associés aux préconisations tout au long de l’année.

Dyspraxies et répercussions psychologiques

Le facteur psychologique n’est jamais une cause de la dyspraxie, cependant, la dyspraxie peut avoir des conséquences au niveau psychologique. Parfois, un soutien par un professionnel compétent et connaissant le trouble peut s’avérer nécessaire.

Estime de soi

Il est important d’être vigilant quant à la façon dont l’enfant ou le jeune dyspraxique vit ses difficultés.  Il faut encourager l’enfant ou le jeune lors de ses progrès, être attentif à son mal-être éventuel, éviter certaines phrases du type « quand tu veux, tu peux ! », puisque la dyspraxie ne découle en aucune façon de la mauvaise volonté. Il faut surtout mettre en valeur ses points forts ! La non compréhension des troubles peut être très mal vécue, voire entrainer un état dépressif dans certains cas.

Maturité

Il n’est pas rare que les enfants et jeunes dyspraxiques soient moins matures que leurs pairs, ou donnent cette apparence. Cependant les expériences vécues et la motivation dont ils doivent faire preuve pour s’en sortir démontre souvent une force de caractère qui deviendra un atout. Il faut donc trouver un juste milieu entre le fait de laisser la maturité s’installer naturellement et la stimulation.

Relation avec les autres

Les enfants et jeunes dyspraxiques ont parfois du mal  à rentrer en relation avec les autres. Ces difficultés n’ont rien à voir avec l’autisme, pour autant certains ont du mal avec les codes sociaux. Pour d’autres, le fait de mal contrôler ses gestes et son espace, de mal s’exprimer en raison de troubles oro-faciaux, de ne pas avoir confiance en soi, de se sentir incompris, peut freiner les relations avec les autres.

La fratrie

Etre frère ou sœur d’un enfant « différent, handicapé » n’’est jamais chose aisée et cette problématique est vécue de façon particulière par chacun, quel que soit le handicap. En règle générale, il est conseillé aux parents de consacrer du temps à l’enfant qui n’a pas de trouble Dys car l’enfant dyspraxique en l’occurrence nécessite beaucoup d’investissement de la part des parents (aide accrue au moment des devoirs, accompagnement aux rééducations, aide prolongée dans la vie quotidienne…). Ce sentiment de délaissement peut être vécu difficilement par l’enfant non dyspraxique.

Il est également important d’expliquer la dyspraxie. Le livre Le secret d’Alexis (lien) est un moyen d’aborder le sujet avec les frères et sœurs. Faire des mises en situation (par ex : faire écrire avec la main non dominante) en est une autre.

Le regard des parents

En tant que parent, il convient donc d’être attentif à son enfant, tout en le considérant comme un enfant, un adolescent ou un jeune adulte à part entière avant de le considérer comme un « dyspraxique ». Il est par conséquent important de trouver le juste milieu entre une stigmatisation à outrance et la minimisation du trouble qui, chacune à son niveau, peut être mal vécue par le jeune.