Je m’appelle Fanny Bossu.

Si je cours aujourd’hui, si je m’aligne sur des courses et des triathlons exigeants, ce n’est pas seulement pour le sport, ni uniquement pour le dépassement de soi. Je cours aussi pour faire connaître la dyspraxie, aussi appelée Trouble Développemental de la Coordination.

Parce que ce trouble est encore trop méconnu.
Parce qu’il est invisible.
Et parce que les mots que l’on associe aux dyspraxiques blessent encore trop souvent.

Je suis ancienne nageuse. Le sport a longtemps fait partie de ma vie, puis il a disparu pendant plus de 15 ans. La course à pied, elle, n’a jamais été ma passion. Et pourtant, il y a un peu plus d’un an, je me suis réveillée une nuit avec une idée très claire : aller courir.
Sans plan. Sans objectif. Sans logique apparente.
Je me suis lancée… et j’ai immédiatement accroché. Courir m’a fait du bien. Physiquement, mais surtout mentalement.

J’ai été encouragée par ma famille et mes amies, ce qui m’a donné la force de continuer. Puis, naturellement, en tant qu’ancienne nageuse, le triathlon s’est imposé à moi. Trois disciplines, trois défis, une évidence. J’ai découvert un sport exigeant, complet et je suis tombée amoureuse de cette triple discipline.

Fanny en pleine course de vélo
Fanny en course, sur son vélo

Cette année, je me suis engagée sur plusieurs épreuves majeures :

  • 10 km des Champs-Élysées à Paris
  • Semi-marathon d’Annecy
  • Semi-marathon de Genève
  • 10 km de la Vache qui Rit à Lons-le-Saunier
  • La cyclo de la Vache qui Rit, deux jours plus tard
  • Ironman 70.3 du Luxembourg
  • Triathlon de l’Alpe d’Huez en août
  • La traversée du lac d’Annecy à la nage

Chaque dossard représente un défi personnel. Mais surtout, chaque course est une occasion de porter un message, de rendre visible ce qui ne l’est pas.

La dyspraxie est un trouble du développement de la coordination. Elle affecte la planification et l’automatisation des gestes du quotidien.

Les personnes dyspraxiques ne sont pas :

  • lentes par manque d’effort,
  • maladroites par négligence,
  • tête en l’air par désintérêt,
  • inattentives par choix,
  • incapables par manque d’intelligence.

Elles sont, au contraire, constamment en adaptation. Chaque geste leur demande un effort supplémentaire. Chaque tâche banale peut devenir un défi. Elles doivent réfléchir là où d’autres agissent automatiquement. Et malgré cela, elles avancent. Elles compensent. Elles trouvent des solutions.
Les dyspraxiques font preuve d’un courage immense, d’une résilience quotidienne et d’une capacité d’adaptation remarquable.

Si cette cause me touche autant, c’est parce que mon fils est dyspraxique.
De la maternelle jusqu’au CM2, les enseignants nous ont alertés sur certaines difficultés : sa lenteur, son manque de concentration, son manque d’autonomie.
Ces remarques n’étaient pas malveillantes.
Elles reflétaient ce qu’ils observaient, avec les informations et les outils dont ils disposaient à ce moment-là.
Nous avons multiplié les bilans, mais ils n’aboutissaient pas. Il était souvent jugé « trop jeune » pour poser un diagnostic clair.
En attendant, il a dû trouver seul des stratégies pour suivre en classe.
Il écrivait avec douleur.
Son écriture était jugée « pas fluide », « pas jolie ».
Les remarques se sont accumulées, sans que personne ne puisse vraiment expliquer pourquoi.
Jusqu’au CM2, il a compensé.
Puis son enseignante nous a proposé de refaire un bilan.
Le diagnostic est alors tombé : dyspraxie.
Ce que nous pressentions depuis longtemps, sans pouvoir le nommer.
Ce diagnostic nous a permis de mettre des choses en place, de mieux comprendre, d’adapter, d’accompagner.
Mais dans la réalité, ces adaptations ne sont pas toujours simples à appliquer, ni toujours comprises, malgré la bonne volonté de chacun.

Mon fils joue au rugby depuis ses 8 ans.
C’est dans le sport qu’il retrouve un peu d’estime de lui-même. Un endroit où il se sent capable, utile, reconnu.
Car les années passées sans comprendre, les remarques répétées, les comparaisons, ont laissé des traces. Il manque de confiance en lui. Il se sent souvent « pas capable ».
Et pourtant…
Je suis convaincue que les dyspraxiques ont un mérite immense.
La vie quotidienne leur demande un effort considérable, là où d’autres avancent sans y penser. Et malgré cela, ils continuent, ils s’adaptent, ils trouvent des solutions à chaque obstacle.
Si je cours aujourd’hui,
si je nage,
si je pédale,
si je m’aligne sur des courses exigeantes,
c’est aussi pour porter leur voix.
Pour dire que la dyspraxie existe.
Qu’elle mérite d’être comprise.
Et que derrière chaque dyspraxique, il y a une force immense, trop souvent sous-estimée.


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👉 Fanny Bossu – courir pour faire connaître la dyspraxie
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Chaque course, chaque entraînement, chaque kilomètre est une façon de dire :
ils ne sont pas moins capables, ils sont simplement incroyablement courageux.
Fanny Bossu

 

Fanny avec son fils Eloan
Fanny avec son fils Eloan