Dyspraxie et scolarité

Les signes d’alerte et difficultés

La dyspraxie est un trouble spécifique des apprentissages qui se révèle notamment à l’école. Les difficultés varient fortement d’un élève à l’autre.

 Le graphisme :

La grande majorité des élèves dyspraxiques a de grandes difficultés de graphisme, et quand bien même le dessin des lettres s’améliorera éventuellement avec le temps, la surcharge cognitive (l’effort demandé) restera importante et se fera au détriment des apprentissages. La vitesse d’exécution restera également déficitaire.

L’organisation visuo-spatiale :

Tout ce qui fait appel à l’organisation visuo-spatiale peut s’avérer difficile voire très difficile : graphisme (dessiner les lettres de façon harmonieuse et efficace), géométrie (tracer, se repérer dans un schéma ou une figure, manipuler la règle ou le compas), calcul (poser des opérations sans se tromper de colonnes), géographie (se repérer sur une carte), lecture (se repérer sur un texte serré).

La double-tâche :

Le graphisme non automatisé requiert toute l’attention de l’élève. Si on lui demande autre chose en même temps que le fait d’écrire (écouter, comprendre, orthographier, raisonner), il se retrouve alors en situation de double-tâche et il ne peut la gérer convenablement (l’élève ne se souvient pas de la leçon ; il ne comprend pas ce qu’il écrit ; il fait de nombreuses fautes d’orthographe et de grammaire bien qu’il connaisse les règles). Dans une moindre mesure, le fait d’utiliser un ordinateur pour écrire provoque également cette situation de double-tâche si la frappe n’est pas automatisée convenablement.

Les adaptations

Généralistes

Elles doivent être proposées en fonction des difficultés spécifiques de l’élève, en s’appuyant autant que faire se peut sur les préconisations des rééducateurs, et en écoutant l’élève qui avec le temps sera capable de préciser ce qui lui convient ou pas.

Il est souvent nécessaire d’agrandir les supports (textes, cartes, schémas), d’espacer (proposer des textes avec des lignes espacées pour que le regard ne se perde pas, alléger les exercices par page pour qu’aucun ne soit oublié), de séparer les consignes ou d’utiliser une couleur par consigne, d’utiliser les couleurs afin d’éviter de se perdre dans l’espace (marge verte à gauche et rouge à droite, ou point vert pour démarrer une phrase et point rouge pour la terminer), de verbaliser (pour expliquer et faire apprendre car l’écrit est souvent peu performant), de faire verbaliser plutôt que d’exiger les réponses à l’écrit, de limiter l’écriture manuelle au maximum.

Le Site Eduscol donne un certain nombre de pistes utiles aux enseignants.

Des conseils par matière

Voir les articles sur les aides à l’école

L’aide humaine

A la maison, le rôle des parents est primordial pour accompagner l’élève (devoirs, aide au rangement dans le classeur ou dans le cartable). Cette aide sera souvent plus longue et importante que pour un élève non Dys.

A l’école, une aide humaine peut s’avérer nécessaire pour écrire à la place de l’élève (pendant les cours pour éviter la double-tâche puisque l’élève ne peut écouter et écrire en même temps, ou lors des évaluations pour que la concentration sur le graphisme ou la frappe au clavier ne se fasse pas au détriment de la réponse à apporter), verbaliser, reformuler les consignes, noter les devoirs dans le cahier de textes… Ces besoins seront évalués avec l’enseignant et l’apport des professionnels éventuels qui rééduquent l’élève (ergothérapeute, orthophoniste). L’aide humaine compense le handicap de l’élève (par exemple lorsque le graphisme est inefficace  et trop couteux en terme de fatigue).

Les aménagements d’examen

Des aménagements (tiers-temps, secrétaire-reformulateur) sont possibles à condition qu’ils soient demandés largement en amont (auprès du médecin scolaire) et que l’élève s’entraine dans ces conditions précises dans l’année.

L’informatique

L’ordinateur

Il doit être mis en place lorsque le graphisme est inefficace et/ou trop couteux en termes de fatigue, et inefficace (écriture illisible ou peu lisible). Son utilisation nécessite un apprentissage par un ergothérapeute, idéalement, dès le primaire. Il peut s’avérer judicieux de procéder à un apprentissage du clavier caché (gommettes vertes sur la partie gauche des touches, et rouge à droite). En tout état de cause, c’est l’ergothérapeute qui définira les modalités. Sa mise en place doit être validée par l’élève afin qu’il s’approprie l’outil, et expliquée aux enseignants afin que ces derniers l’utilisent au mieux (mise des cours sur clés USB, transferts de fichiers…). L’ordinateur peut être fourni par l’élève (dans le cadre d’un PAP) ou par l’Education nationale (dans le cadre d’un PPS).

La tablette tactile

Elle peut s’avérer utile si l’ordinateur devient trop encombrant, si l’élève connait bien son clavier et s’il est possible de connecter des clés USB. Certaines MDPH notifient le prêt de tablettes tactiles par l’Education nationale. Il est essentiel de s’adapter aux besoins de chaque cas particulier.

Les logiciels

Des logiciels sont très utiles dans certaines matières (géométrie par exemple, tels que Géogebra ou Géotracé, pour ne pas avoir à manipuler les outils) ou certaines actions (dicteur vocal pour limiter l’écrit, lecteur vocal pour limiter la fatigue pour cause de texte trop serré et/ou trop long…). Un apprentissage avec un ergothérapeute est souhaitable, ainsi que la validation de l’enseignant.

Présentation de logiciels

 

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