Léo, champion de tir sportif

dfdnational_002logo20percent_coul_rvb Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Léo. J’ai 19 ans, j’habite à Séméac, dans la banlieue de Tarbes.
Je prépare un BTS Gestion et Protection de la Nature dans un lycée agricole à Vic-Bigorre. Auparavant j’ai passé un bac pro « Technicien vendeur conseil en animalerie », à Tarbes.
Il n’y a pas trop de travail pour préparer ce BTS, comparativement au bac ; mais par contre les horaires et le rythme sont soutenus.
Après le BTS j’aimerais devenir soigneur animalier, et pour ça aller dans une école qui se situe à Vendôme, en région parisienne. Ensuite il faudra sans doute que je me spécialise (par exemple dans les primates ou les félins), cela facilite l’emploi car il y a peu de postes.
C’est mon projet, mais si je n’y parviens pas j’essaierai de trouver un travail dans une réserve, ou à l’ONF par exemple ; ce que je veux c’est travailler dans la nature, avec des animaux.
Je me rends au lycée en voiture, puisque j’ai mon permis. C’est sympa, plusieurs personnes de mon lycée viennent de Tarbes donc on y va à plusieurs. J’ai obtenu mon permis l’an dernier, sur boite automatique, après 4 à 6 mois de leçons. Cela n’a pas été trop compliqué, mais conduire me fatigue quand même et j’ai du mal à faire des longs trajets. D’ailleurs, je ne pouvais pas faire mes leçons de conduite après une journée de cours, j’étais trop fatigué. J’ai tout eu du premier coup, le code et la conduite.
Je suis dyspraxique et dysgraphique sévères. Pour mes études, jusqu’à présent je me débrouillais avec des photocopies de cours, et j’avais un scripteur pour les épreuves terminales. J’attends un ordinateur que le rectorat devrait me fournir bientôt.

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dfdnational_002logo20percent_coul_rvb De quelle activité veux-tu nous parler ?

Du tir sportif, ou tir de précision à 10 mètres, que je pratique depuis 5 ans à peu près. Cela consiste à tirer sur une cible placée à 10 mètres. Chaque cercle correspond à des points, et on doit obtenir un score qui se rapproche le plus possible de 600 points (6 tirs, 100 points maximum par tir).
J’ai commencé avec un copain de collège, qui m’a fait découvrir cette discipline.
Je pratique dans un club sportif, normalement deux fois par semaine mais avec mes études en ce moment c’est plutôt une fois par semaine.

dfdnational_002logo20percent_coul_rvb Est-ce que la dyspraxie te gêne ?

Absolument pas ! Je n’ai ressenti aucune difficulté par rapport à la dyspraxie.

dfdnational_002logo20percent_coul_rvb Tu fais aussi de la compétition ?

Oui je participe comme junior à des compétitions à différents niveaux. J’ai été une fois vice-champion départemental, une fois champion régional et 3 fois qualifié aux championnats de France.
Mon objectif est de monter mon score et essayer de me qualifier de nouveau aux championnats de France.
Qu’est-ce que tu retires de cette activité ?

Cela m’apporte beaucoup de choses, en fait. Tout d’abord, la maîtrise de soi, apprendre à me canaliser, me concentrer. Je dois aussi me dépasser, persister, continuer sans abandonner, même si, parfois, je n’ai pas de bons résultats.
Nous avons au club un Coach mental, avec qui je fais de la sophrologie. Grâce à lui j’apprends à me détendre, à connaître mon corps, pour « tirer avec lui ».
Pour réussir il faut avoir un mental d’acier….
Et puis, cela me permet de connaître du monde, de faire des connaissances. Ça motive d’appartenir à un groupe, d’ailleurs nous faisons aussi des compétitions par équipe.

dfdnational_002logo20percent_coul_rvb As-tu un message à faire passer ?

Même avec la dyspraxie on peut se dépasser, réussir. J’ai eu mon bac, mon permis, je me suis qualifié 3 fois en championnat de France…. C’est un handicap, mais pas une gêne. Si des portes se ferment, on peut réussir à les ouvrir. Bien sûr, pour ça, il faut de l’aide, des connaissances et de l’envie !
Mes parents ont beaucoup contribué à mes réussites.
Il faut se battre contre les personnes qui ne connaissent pas cet handicap, l’handicap en général d’ailleurs. Il faut passer un cap, au lieu d’être toujours en conflit avec la dyspraxie il faut vivre avec elle. Autant vivre avec d’ailleurs, car elle ne disparaitra pas… Il faut trouver des solutions, et ne pas hésiter à en parler.

dfdnational_002logo20percent_coul_rvb Donc toi tu en parles ?

Bien sûr, sans problème ! Mes copains au lycée m’aident, quand ils me font les lacets on en rigole. Dans trois semaines je vais participer à une animation avec DFD 65. Avec un copain, Quentin, qui est en master de chimie et est dyspraxique, nous allons expliquer à des petits dys notre parcours, c’est ce que je dirai pour leur montrer qu’on peut réussir.

dfdnational_002logo20percent_coul_rvb Mais il faut quand-même beaucoup de maturité pour parler comme tu le fais

Sans doute… Quand j’étais plus petit, j’avoue que ce n’était pas aussi simple, mais ça s’est instauré rapidement, grâce à mes parents. Franchement, cela ne me gêne pas de dire que j’ai un handicap caché. Ça ne doit pas gêner, sinon c’est négatif. La dyspraxie fait partie de moi. Il faut être entouré c’est vrai, mais ça va tout seul.